Ahhhh!! Enfin, D'Alberto envoi du lourd, sa pratique, ses recettes, un interview fleuve où tout y passe.. Pour bien suivre, faites comme D'Al, prenez un bon fauteuil et de quoi siroter pour un moment.
Ntjn_Bonjour D'Alberto, merci d'avoir accepté cet entretien.
D'Alberto : Salut à toi et à toute l'équipe de ntjustanoise.com.
Ntjn_ Tu nous présentes Play ur'roll donc ce morceau de piano qui est d'ailleurs une fine composition, est-il une partie d'un single, d'un album ou est-il en quelque sorte ton fils unique?
D'Alberto : Merci ! C'est toujours agréable d'être complimenté, d'autant que ce morceau est le premier que je daigne faire écouter après une période de plus d'un an sans nouvelle composition. Pour répondre à ta question, il est possible que Play ur'roll intègre un futur album s'il n'en dissipe pas l'identité globale, mais au contraire la renforce. J'espère qu'il s'entendra bien avec mes prochaines compositions. Pour l'heure il est le reflet le plus actuel de mon travail.
Ntjn_ Ce style, très pur avec ce piano seul, on a l'impression que ce que tu cherches est l'ultime compo, quelque chose qui en mette plein la vue.
D'Alberto : (pensif ?) … Le piano solo s'est imposé pour ce morceau du fait d'une sensation redondante. A savoir que l'ajout d'un instrument limite sans cesse la liberté d'un autre et se limite lui-même afin de tenter de cohabiter avec les autres. En fait, la recherche d'équilibre entre les instruments est un aspect de la composition sur lequel je ne désirais pas travailler pour une fois. J'estime même m'être souvent égaré en tentant de parvenir à l'harmonie multi instrumentale alors que j'étais sur de bonnes bases. J'ai choisi de me concentrer sur le seul piano auquel j'ai essayé de donner une unité sur environ trois minutes avec juste ce qu'il faut de variation pour conserver une certaine constance à son ambiance dans la durée.

Je cherche à travers la musique à exprimer le plus fidèlement possible mon individualisme, mon exceptionnalité (sans supériorité, mais au contraire dans un souci d'humilité). Je cherche l'émotion chez celui qui m'écoute, à ce que mon morceau marque, qu'il évoque quelque chose de rare, que l'on entend rarement musicalement, qu'on ne puisse l'assimiler ou le confondre à un autre, qu'on cherche à le réécouter, une identité forte. J'ai encore du chemin à faire bien entendu.
Ntjn_ Tu voudrais t'accomplir dans d'autres genres musicaux, peut est-ce déjà fait, dans ce cas les feras-tu entendre?
D'Alberto : Tous les genres musicaux m'intéressent. Je me suis pas mal essayé à la dance et à l'électro dans le sens large du terme à mes débuts, et j'estime n'avoir pas accompli grand-chose dans ces genres. Je m'en suis plutôt servi comme support de découverte et recherche musicale vu que c'était un domaine assez méconnu pour moi à l'époque (j'écoutais peu de son avant d'en faire moi-même). D'autres genres comme le blues, le jazz demeurent assez opaques pour l'instant, peut-être y viendrai-je un jour. La chanson à texte m'attire beaucoup, mais je ne consacre pas suffisamment de temps à l'écriture pour l'instant, et j'ai un peu peur de ne pas être assez pertinent dans mes textes. Bref, dès que j'ai quelque chose qui mérite d'être écouté comptez sur moi.
Ntjn_ Et la musique de film..
D'Alberto : Tiens c'est marrant que tu m'interpelle là-dessus car on discutait justement de ça autour d'un kebab avec un ami dernièrement. Si tu veux la musique de film m'intéresse beaucoup, et je me verrais bien la jouer voir la composer pendant le tournage du film, et non en aval. On se doit lorsqu'on participe à un film de saisir parfaitement le propos de l'auteur afin de pouvoir le faire vivre à travers notre art (que l'on soit acteur, metteur en scène, compositeur...), . Je souhaite composer des thèmes qui transcendent le film au même titre que peuvent le faire les acteurs à travers leur jeu. Ce qui me plaît beaucoup est aussi de travailler en symbiose avec l'image... Beaucoup d'images m'habitent ou me traversent lorsque je compose. Du coup si elles sont extérieures...
Bien-sûr j'aime aussi dans cela l'idée de travailler à plusieurs sur une même œuvre.
Ntjn_ Souffre-tu du téléchargement, as-tu des positions tranchées sur cette question ?
D'Alberto :Je télécharge tout comme Michel Sardou (rires).J'aurais donc du mal à en vouloir à ceux qui me téléchargent surtout que je ne peux me permettre de limiter la circulation de ma musique en la rendant obligatoirement payante. Vous pouvez d'ailleurs recevoir mon dernier morceau (désolé pour la pub) gratuitement par mail en me le demandant directement à l'adresse d_alberto_sounds@yahoo.com. Il faut vraiment être malpoli ou désagréable pour que je refuse de l'envoyer.. Si quelqu'un souhaite payer pour raison personnelle je ne m'y oppose pas non plus bien sûr, j'en serai même plutôt touché.
Je ne connais pas de groupe qui ait sombré du fait du téléchargement. On télécharge souvent des artistes déjà connus, qui vivent déjà de leur musique. Le téléchargement existe depuis presque vingt ans. Il s'est certes fortement développé, mais je pense qu'on arrive à un certain équilibre, la propagande antitéléchargement fonctionne, et certaines personnes préfèreront toujours acheter un CD que d'écouter du son sur PC ou s'embêter à graver des mp3.... sans oublier la jaquette !! Le milieu de l'underground lui ne souffre pas du téléchargement car le public se sent davantage proche des artistes et ne voudrait pas leur nuire. De toute manière, on ne les trouve pas toujours en téléchargement. Quant au manque à gagner des majors... D'une : Si elles coulent, ce ne sera pas une perte étant donné qu'elles ne sont pas à l'origine des œuvres, on se débrouillera sans elles pour produire et distribuer la musique et ça permettra aussi de distribuer différemment les 90% des recettes qu'elles empochent actuellement sur les recettes d'un album... De deux : Leur calcul concernant le sois-disant manque à gagner est complètement erroné puisque basé sur le nombre de téléchargements recensés pour un album donné, or il est impossible de prouver que ces personnes auraient acheté ledit album s'il n'avaient pu le télécharger (tu crois vraiment que je vais acheter le dernier Zaz ? En fait, je n'ai même pas osé infliger « ça » à mon disque dur...).
Mon objectif est de tenter de faire évoluer ma musique et je n'ai pas d'ambitions financières dans ce domaine actuellement, mais je comprends que certains groupes aient besoin de vendre pour pouvoir réaliser leurs projets. Par contre le remix, la reprise, le sampling, la diffusion publique... Tout cela peut altérer l'aura du morceau et nécessite donc concertation de l'auteur, mais c'est un autre sujet.
Ntjn_ Considère-tu ta musique comme cérébrale ?
D'Alberto : Elle peut paraître gentiment sentimentale, enfantine, naïve voir niaise. Elle est souvent intime, douce à tendance involontairement stridente (peut-être est-ce dû à l'harmonisation multi instrumentale), parfois nostalgique. Elle me donne l'impression d'une quête perpétuelle au sein de laquelle il y a entre autres la recherche de l'équilibre entre bonheur et insatisfaction (mais pas mélancolique hein !).
Donc.. au moins un peu cérébrale oui.
Ntjn_ Quand estime-tu qu'une pièce est aboutie, qu'elle ne nécessite plus de retouche.
D'Alberto : Lorsque la moindre retouche dénature la pièce.
(C'est lié à notre perception de la nature d'une pièce. On précise, découvre la nature d'une pièce en la façonnant)
Ntjn_ Le contenu du baladeur SVP.
D'Alberto : houlala, c'est un baladeur pas très portatif.... C'est plutôt moi qui me balade autour.
En vrac :
Gainsbourg que je n'ai finalement jamais beaucoup écouté.
Gorillaz : On Melancholy Hill
Visage : Fade to grey
Falco : Rock me Amadeus
The Knife : Pass this on, je l'écoute depuis des années sans m'en lasser.
Vitalic : bolz bolz romantic que je trouve assez juste dans sa sobriété.
Sebastien Tellier : Sexual Sports wear et d'autres.
Peru Pan Pipes – Music of the Andes
The Box Tops : The Letter de pour les paroles et la voix du chanteur grave et douce.
Boris Vian : Le déserteur
Ftr : FTR Master, un genre de récit antique épique à mes yeux.
Chilly Gonzales : Ivory Tower
Human League : Don't you want me
Middle of the road : California dreaming
69 : Novo rock
Klaus Schulze, si tu n'arrives pas à dormir.
Percussion Hang : Pas d'artiste en particulier, mais pour le son de l'instrument.
Jefferson airplane à l'heure où j'écris ces lignes.
Cocteau Twins
Joan Baez
Et bien d'autres
Merci pour cet entretien et la pertinence des questions, j'espère avoir pu répondre assez fidèlement
Stay thuned pour la suite des évènements. Peace

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